Les tresseuses africaines : un métier, un prix

Plus qu’un fait lié à l’appartenance ethnique, le port des tresses est devenu un phénomène de mode. Il touche aujourd’hui toutes les classes de la société actuelle, toutes origines confondues. Pour la plupart d’entre nous, ce phénomène capillaire artistique représente un genre nouveau avec ces tresseuses professionnelles.  Pourtant, ce savoir faire de la coiffure africaine, trouverait ses racines dans la préhistoire et aurait été conservé pendant toute l’histoire de  l’humanité jusqu’à nos jours.

 C’est connu. Les femmes aiment se faire belles depuis la nuit des temps. Et, elles  profitent de toutes les occasions pour se faire admirer leur silhouette.  Du coup, certains petits métiers doivent leur succès à cette obstination de la gente féminine à bien paraître. Il s’agit notamment  de celui de la tresseuse. Au marché de Belleville sis à Treichville, celles que nous avons approchées y sont généralement venues par passion, après avoir arrêté les études scolaires. Cependant, certaines d’entre elles continuent à fréquenter l’école  et profitent de leur temps libres pour s’adonner à cette activité, question  de se faire un peu d’argent. Le nombre  de tresseuse que compte  ce marché  oscille autour de la cinquantaine. Et  c’est tous les jours, de 8 heures à 19 heures qu’elles attendent la clientèle pour lui offrir les différents modèles de tresses dont elles ont le secret. Les problèmes, elles en rencontrent. Des clientes qui les accusent souvent d’avoir détourné leur mèche en particulier, il faut ajouter des conditions de travail précaires, installées qu’elles sont  sous  des parasols de fortune. Le coût d’une tresse est fonction du modèle choisi par l’intéressée. Il part de 3000 FCFA pour une recette d’au moins 10.000 F, le jour ordinaire et 200.000 FCFA par jour en période de fêtes ; étant donné que chacune d’entre elles a  généralement sa clientèle.

 Contrairement à une idée répandue, ce métier n’est pas l’apanage des seules femmes. Des hommes aussi le pratiquent  et tous y  gagnent bien leur vie. A l’origine. Les premières traces de la coiffure tressées, remonteraient à la préhistoire, 20.000 ans avant Jésus-Christ, prouvant ainsi que la tresse est la plus vieille coiffure du monde. Puis aux premières grandes civilisations africaines, telles que  celles de l’Egypte antique, les hommes comme les femmes, portaient différents types de coiffures tressées, parmi lesquelles  les tresses collées ou  tresses africaines. Il  en existe une multitude de variétés parmi les différents peuples  africains : Akan, Wolof, Peulh, Mandingue, Yoruba, Haoussa, Bamiléké etc. chaque coiffure, parfois très compliquée à réaliser, a une signification précise, suivant l’âge, la condition sociale ou les différents événements de la vie, comme par exemple, un mariage ou un enterrement. Les tresses collées sont très pratiquées aujourd’hui par les autres communautés. C’est en partie le courant culturel d’origine afro-américain, Hip-Hop et rasta, qui a popularisé cette coiffure à travers le monde.

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